05.10.2009

Tractations pour le climat

AFP 05/10/2009 16:38

Les négociations sur le climat enregistrent à Bangkok des avancées encourageantes sur la route de Copenhague, où tous les pays se retrouveront en décembre pour tenter d'enrayer l'envolée du thermomètre de la planète.

"Il y a une certaine dynamique positive. New York (sommet de l'ONU du 22 septembre, NDLR) a insufflé un sens de l'urgence", a estimé lundi Paul Watkinson, chef de l'équipe de négociation française sur le climat, jugeant que si le chemin à parcourir restait très difficile, il y avait "globalement, une volonté d'avancer, de structurer le texte".

A deux mois du rendez-vous danois (7 au 18 décembre), l'objectif de la réunion de Bangkok, qui s'achèvera vendredi après deux semaines de négociations, est d'arriver à un document de travail court et dense, plus lisible que les quelque 200 pages indigestes que les délégués avaient entre les mains il y a une semaine.

"Nous assistons à des négociations de bonne foi et il y des avancées sur les questions techniques", juge Kim Carstensen, responsable climat au WWF.

"On avance sur la forêt, on progresse un peu sur les transferts technologiques et sur l'adaptation", estime l'expert français Pierre Radanne. "Il y a un travail obscur, besogneux, de tissage, qui est absolument indispensable".

Alors que le compte à rebours est enclenché, l'articulation entre négociations "techniques" et arbitrages politiques est plus que jamais cruciale.

"Les négociateurs ont besoin de clarifier les enjeux pour les politiques et les politiques ont besoin de clarifier le mandat pour les négociateurs", résume, dans un sourire, un participant.

Mais pour les grands chiffres (objectifs de réduction d'émissions de gaz effet de serre, financement, etc...), qui sont autant de puissants leviers de négociation, "il faudra attendre la dernière nuit à Copenhague", redoute Kim Carstensen.

Le format du futur accord, sur lequel le flou le plus total domine toujours, reste sources d'importantes tensions entre pays en développement et pays industrialisés.

Lundi après-midi, la Chine a accusé ces derniers de changer "les règles du jeu" au dernier moment en essayant de supprimer "le protocole de Kyoto et tout ce qu'il représente",

"C'est comme si, dans les cinq dernières minutes d'un jeu, un joueur mettait en avant un ensemble de nouvelles règles (...) et attendait de l'autre joueur qu'il accepte cela comme une précondition à tout progrès", a déclaré Yu Qingtai, chargé des négociations climat pour la Chine, au cours d'une conférence de presse.

L'enjeu de Copenhague est de renforcer les engagements contraignants de réduction des émissions polluantes des pays industrialisés, souscrits à Kyoto pour la période 2008-2012.

Plusieurs pays, dont le Japon, l'Australie et le Canada, ont déjà affiché leur souhait de tourner la page de Kyoto. A l'inverse, les pays en développement souhaitent majoritairement conserver un Protocole de Kyoto amendé, garantissant que les pays du nord - considérés comme historiquement responsables de la pollution de l'atmosphère -, poursuivront leurs efforts contre le réchauffement.

Lundi en milieu de journée, un millier de personnes se sont rassemblées devant le centre de conférence de l'ONU, dans la capitale thaïlandaise, pour réclamer une véritable "justice climatique".

"Pays développés, payez votre dette climatique maintenant", pouvait-on lire sur l'une des pancartes brandies par les manifestants, devant des masques aux effigies des grands leaders mondiaux.

Sites :

http://en.cop15.dk/

http://www.conference-copenhague.gouv.fr...

http://www.copenhague-2009.com/

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