05.06.2009

Un Meeting et une polémique...

Le Monde revient sur le dernier grand meeting du Modem...

Pour mieux comprendre de quel texte (de Daniel Cohn Bendit) François Bayrou parle voici un extrait ! C'est assez explicite...

Le Monde, Schiltigheim (Bas-Rhin), envoyé spécial

A Strasbourg, les enfants viennent régulièrement empoisonner les campagnes de François Bayrou. En 2002, lors de la campagne présidentielle, un garnement avait tenté de faire les poches du candidat dans la capitale alsacienne. Une gifle avait cueilli à froid le chapardeur, devant les caméras de télévision. Plusieurs jours, l'équipe de campagne s'était inquiétée des conséquences de cette taloche infligée à plus petit que soi. Le sondage suivant les avait rassurés : François Bayrou avait gagné en sympathie. 

Jeudi 4 juin, il fut encore question de traitement de l'enfance. Dans la soirée, le président du MoDem participait à son dernier rassemblement avant les élections européennes, dans la ville qui accueille le parlement de l'Union. A la même heure, passait sur France 2 l'émission préenregistrée où François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit s'envoyaient à pleine face des mornifles verbales. Les allusions à peine voilées d'incitation à la pédophilie, lancées par le centriste contre l'ancien soixante-huitard, n'étaient-elles pas allées trop loin, s'interrogeaient les responsables du MoDem ? Boosteraient-elles au contraire la fin de campagne ?

"VOLONTÉ"

Avant d'entrer dans la salle des fêtes de Schiltigheim où l'attendaient un petit millier de sympathisants, François Bayrou s'est refusé devant la presse à retirer un mot de ce qu'il avait dit sur le plateau. "Daniel Cohn-Bendit a écrit un livre [Le Grand Bazar] pour revendiquer et théoriser des pratiques qui sont pour moi insupportables.Il est normal qu'il l'assume. Il y a un débat de société sur ces affaires et ces pratiques. L'enfance mérite d'être défendue contre des théories de ce genre."

L'homme invoquait la légitime défense, la réplique outragée, s'étant senti insulté par les attaques répétées du chef de file d'Europe Ecologie. Mais le patron du MoDem s'était plongé dans le livre de son adversaire, un pensum remontant à 1975, quelques jours avant le débat. La sortie n'était peut-être pas si fortuite. Comme en 2002, François Bayrou se défendait avec une baffe d'un importun qui tentait à sa manière de lui faire les poches, en lui volant à la tire des électeurs.

Dans la salle, Yann Wehrling, transfuge des Verts, a poursuivi la besogne, critiquant à mots à peine couverts ses anciens amis. Devant son public, François Bayrou s'en est tenu à un discours sans polémique, au cœur de cette Alsace à tradition férocement centriste où il avait obtenu 21,40% des voix lors de l'élection présidentielle de 2007.

L'Europe !, l'Europe !, l'Europe !. Il ne fut question que d'elle. Un hymne à la joie, une ode à cette Union si belle quand elle est"volonté". Pas même une pique contre Nicolas Sarkozy, dont le nom n'a pas été cité en vingt-six minutes de discours.

Jean-François Kahn, tête de liste de la région Grand Est, a clôturé la réunion en présentant les propositions économiques du MoDem. Une heure de leçon magistrale sur le capitalisme mondial et ses dérives. Il y fut question de taxer les spéculateurs et d'encourager l'emploi des PME, entre autres. On était à mille lieues des gamineries politiciennes. Mais, alors que les assistants rangeaient le matériel, l'intellectuel constatait, un rien dépité : "Dans cette campagne, on n'a jamais pu développer, comparer les programmes, montrer qu'une autre société est possible. On aurait dû confronter les projets, les visions de l'Europe. On ne l'a pas fait."

Benoît Hopquin
Article paru dans l'édition du 06.06.09. 

Commentaires

Bonjour,

Ce qui est dégueulasse aujourd'hui l'était il y a 33 ans.

C'est consternant de voir la presse et la "classe" politique minimiser les propos de CB.

Mazerolle sur BFM parle de lignes "pas très ragoutantes" en minimisant l'époque de l'écrit... C'est pathétique.

Si aujourd'hui quelqu'un écrivait celà sur un simple blog, même privé; il serait poursuivit.
J'ignore quelle sera la réaction de l'opinion mais moi, je ne peux accepter qu'un leader politique ait pu, même dans sa jeunesse, tenir ce genre de propos déculpabilisant des actes monstrueux en laissant aux réelles victimes l'image de pervers infantiles.
je n'appréciais déjà guère le personnage, ça ne va pas s'arranger...

Malgré le retard à l'allumage, il est sain que Bayrou ait réagit, même violemment, même dans une campagne, même à la télévision.
S'il n'y a pas de mots pour dénoncer l'immonde, il n'y a pas de temps pour le faire non plus.

Ecrit par : Emmanuel Vrel-Lavezzi | 06.06.2009

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