30.10.2008

Réforme territoriale : schmilblick ou nécessité ?

Jacqueline Gourault, vice présidente du Modem mais aussi de l'association des régions françaises, pose une question essentielle : quel est aujourd'hui le rôle de l'Etat ? ou plutôt, quel rôle accepte t il encore d'effectuer ?  

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2008-10-30 13:44:52

ORLEANS (AFP)

Les départements sont déterminés à se battre bec et ongles pour garder leur "rôle de proximité" alors que la commission Balladur, chargée de réfléchir à une simplification du "millefeuille" territorial français, commence ses travaux.

"Si nous ne sommes pas bien préparés, il y a un risque de cacophonie face à la commission Balladur qui aurait tout l'espace pour proposer des choses qui pourraient ne pas nous convenir", a relevé Eric Doligé, président UMP du conseil général du Loiret, qui accueillait mercredi et jeudi à Orléans l'Assemblée des départements de France (ADF).

L'ADF a lancé un vaste chantier pour mettre au point ses propres propositions.

Avec les commissions mises sur pied avec l'Association des maires de France (AMF) et l'Association des régions de France (ARF), avec celles des députés et des sénateurs et celles des partis politiques, "les idées vont foisonner", s'est réjoui le président PS de l'ADF, Claudy Lebreton (Côtes-d'Armor). "En dernier ressort, c'est le parlement qui votera, et on votera ce qu'on a envie de voter", a averti M. Doligé.

La ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales Michèle Alliot-Marie a assuré que "la commission Balladur étudiera toutes les propositions émises, dans un souci d'ouverture".

Pour plusieurs patrons de département de gauche, le risque est grand. "On a l'impression d'avoir affaire à un gouvernement cynique qui utiliserait des méthodes perverses", a accusé Arnaud Montebourg (PS, Saône-et-Loire), évoquant "une stratégie politique qui consisterait à étrangler d'abord les collectivités territoriales, qui n'auraient d'autre choix que d'augmenter les impôts, ce qui les rendrait impopulaires".

Pour Claude Bartolone (PS, Seine-Saint-Denis), il est "inadmissible qu'une réforme qui touche à l'organisation territoriale se prépare dans le cadre d'une commission, et non devant le parlement". Lui aussi a "le sentiment que le gouvernement a la volonté de rendre impopulaires les collectivités territoriales et utilise la question fiscale".

Pour Gisèle Stievenard (PS, Paris, à la fois ville et département), "nous entendons une petite musique agaçante contre nous alors que nous voulons être pleinement associés".

Le président de l'ARF Alain Rousset (PS, Aquitaine), a assuré: "nous ne sommes pas désirables dans la commission Balladur". Comme l'ensemble des participants, il a appelé à la clarification des compétences entre collectivités, plaidant pour une "véritable gouvernance locale".

"Nous avons besoin de savoir quelles missions l'Etat entend toujours mener", "des points sont encore flous", a jugé la vice-présidente de l'AMF, Jacqueline Gourault (MoDem).

M. Lebreton a esquissé la réforme souhaitée par les départements: "les régions doivent jouer dans la cour de l'Europe où il y a des enjeux en terme d'aménagement du territoire. Les départements sont au coeur des solidarités sociales, et les communes sont les collectivités de proximité".

Les départements d'outre-mer ont fait entendre leur petite musique. "Nous sommes un cas particulier", a relevé Claude Lise (PS, Martinique) à l'AFP. "Dans trois des quatre départements d'outre-mer, il y a une forte demande pour une fusion région-département".

En Outre-mer, les structures départementales et régionales se superposent.

Communiqué de l'ARF :

2 octobre 2008 

Les Régions : L’UMP prépare-t-elle la fin des Régions 

françaises ? 

Il ne se passe plus une semaine sans que soient diffusés humeurs, propos ou annonces surréalistes sur la réforme des administrations locales. Tous s’y sont mis : le Président de la République, le Premier ministre, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale et même l’ancien Président du Conseil constitutionnel, envisageant sans concertation, la fusion des Départements et des Régions, voire une fusion de Régions, une réforme du mode de scrutin et le report des élections régionales à 2011. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’au nom d’une meilleure lisibilité des échelons territoriaux, certes nécessaire, la majorité UMP veut tuer les Régions et surtout les majorités politiques issues du scrutin de 2004. La rancœur des défaites passées ou la peur de celles à venir ne peuvent être bonnes conseillères. A moins que certains redoutent la reconduction de ces majorités politiques par des citoyens satisfaits du travail de leurs assemblées régionales ? 

Alors qu’en quelques années l’échelon régional a fait la preuve de son efficacité pour conduire des politiques structurantes en matière d’aménagement du territoire, de transports ferroviaires, d’éducation, de formation, d’innovation et de développement économique, les projets du gouvernement et de l’UMP sont une fantastique régression. Etonnant programme, quand on sait que l’Europe qui gagne aujourd’hui est celle des Régions, des Länder ou des Provinces espagnoles et ce, quelle que soit leur taille. Plutôt que d’envisager une nouvelle réforme institutionnelle, l’urgence est à la clarification des compétences entre les collectivités locales et entre celles-ci et l'Etat. Elle devrait s‘accompagner  d'une profonde réforme des fiscalités locale et nationale. L’urgence de la réforme de l’Etat ne peut se résumer à la seule suppression d’un fonctionnaire sur deux. 

Le retour de la croissance et de l'emploi et de l'assainissement des finances publiques passe par le renforcement des Régions. Le reste n’est que calcul politicien et entrave au bon fonctionnement de la décentralisation! 

Ne nous y trompons pas, la fusion Département /Région  serait la fin du fait régional, des politiques publiques régionales et de l’aménagement du territoire. Ce serait également une régression démocratique. Parmi les nombreuses vertus du mode de scrutin proportionnel, en vigueur pour les élections régionales comme d’ailleurs pour les élections municipales, il y a la représentation de toutes les forces politiques et surtout il y a le respect de la parité hommes – femmes. La remise en cause de telles spécificités serait un immense bond en arrière. 

Quelle majorité politique en portera la responsabilité ? Et plus généralement quelle majorité politique portera la responsabilité de tuer les Régions ? 

Alain Rousset 

Président du Conseil Régional d’Aquitaine 

Président de l’Association des Régions de France 

26.10.2008

Le vent l'emportera...

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Certains, parait il, souhaitent refondre l’économie mondiale, repartir sur de bonnes et de nouvelles bases.

A Strasbourg, mardi dernier, Nicolas Sarkozy est venu expliquer et marteler que l’Europe devait “réinventer le système financier et porter l’idée d’une refondation du capitalisme mondial”.

Mais alors pourquoi tenter de sauver ceux qui ont conduit le système actuel à sa perte, ceux qui ont porté la finance virtuelle aux nues jusqu’à l’overdose ? Pourquoi faire confiance à ceux qui jouent des milliards sur du vent ? Ceux là même qui jurent leurs grands dieux ne pas pouvoir prêter de l’argent aux PME souhaitant se développer ou aux ménages qui s’installent car le risque serait trop grand ? Ils ne parient plus sur l’avenir, le travail... mais sur d’éventuels effets leviers boursiers ! Du vent...

Alors, laissons peut être le système financier malade imploser. L’Etat doit stopper de fournir la drogue favorite des apprentis sorciers du système actuel : l’argent.

L’Etat doit assurer une mission de service public quand le privé ne sait pas ou plus le faire.

Il convient donc maintenant pour l’Etat non plus de garantir à coup de centaines de milliards d’euros les addicts de l’argent. L’Etat doit garantir le développement de nos entreprises et des projets des français, ce que les banques ne sont plus capables de faire.

La France et l’Europe doivent convaincre le reste du monde qu’une autre façon de faire est possible, que les dérives ne sont pas inévitables, que le système doit être régulé par les états car incapable de le faire par lui même. L’Asie semble avoir entendue le message et le portera vraisemblablement aux côtés de l’Europe face aux Etats Unis.

Ne tentons pas de sauver ce qui n’a pas d’avenir, ce qui est inadmissible et inacceptable ! Pourquoi devrions nous les sauver par un plan de 1700 milliards d’euros, soit un peu plus de 5400 euros par habitants de la zone euro ? Avec cette argent garantissons l’économie réelle... sans ces intermédiaires.

Réfléchissons maintenant aux règles à établir... Tout le monde doit se saisir de cette question...

Discours de F. Bayrou lors de la première Conférence Nationale

Discours d'ouverture :
Discours de clôture :

24.10.2008

Communiqué CAP 21

Edvige: le ministère fait part de son intention de retirer le décret

Corinne Lepage et Cap 21 ont pris l’initiative, suivie ultérieurement par plusieurs associations, de saisir le Conseil d’Etat d’un recours en référé pour demander la suspension de l’application du fichier Edvige.

L’audience est prévue pour lundi matin.

Le Ministère de l’Intérieur a enfin annoncé son intention de retirer le décret et demande au Conseil d’Etat qu’il ne soit pas statué sur la requête au motif d’un retrait imminent.

Il va de soi que les requérants ne pourraient que se réjouir de ce que leur initiative ait contribué à un retrait du fichier Edvige à la condition que ce retrait intervienne effectivement avant l’audience du Conseil d’Etat.

Ceci étant on ne peut que s’étonner que le gouvernement ait tellement tardé, et regretter qu’il ait fallu saisir le Conseil d’Etat pour enfin obtenir enfin un signe du Ministère de l'Intérieur en direction du retrait de ce texte liberticide.

Corinne Lepage, présidente de Cap21, vice-présidente du Modem

23.10.2008

La pierre... chute ?

Et si il devenait intéressant d'acheter ? Les taux ne sont pas encore très hauts... et les prix des produits sur le marché sont maintenant négociables. Il est effectivement fini le temps où tout le monde se jetait sur n'importe quoi à n'importe quel prix. L'activité transaction est en baisse sur Strasbourg et CUS. Moins de transactions et des prix en légère baisse dans les quartiers périphériques les moins demandés, des délais de vente allongés sur certains autres (Neudorf par exemple), mais toujours des hausses de prix et des délais de vente courts dans le centre... Sans vouloir prêcher pour ma paroisse je conseille toujours de passer par un professionnel, qui connaît le prix juste, apporte les conseils essentiels pour un tel investissements, sert d'intermédiaire dans les négociations de prix (il pousse pour que la vente puisse se faire) et vous accompagne tout au long de l'acquisition.

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2008-10-23 16:50:53

PARIS (AFP)

Le nombre de transactions immobilières (neuf et ancien) devrait chuter de 25% en 2008 (de 870.000 ventes en 2007 à 650.000), selon la première note de conjoncture immobilière des Notaires de France publiée jeudi.

"Le marché immobilier se caractérise avant tout par le blocage des transactions", dont le nombre est ramené au volume des années 1993-1994", indique Me Pierre Bazaille, auteur de cette note.

La baisse est encore plus brutale sur le marché du neuf (-33,9% au 26 août selon la Fédération des promoteurs constructeurs) que sur l'ancien, soulignent les Notaires de France.

Par contre les prix dans l'ancien ont continué de grimper de 3,6% pour les appartements et de 4,3% pour les maisons, de juillet 2007 à juin 2008, d'après l'indice Notaires-INSEE province.

Cette augmentation est même de 10,1% à Paris pour les appartements. En province, la plus forte variation de prix sur un an est enregistrée à Nice avec une hausse de 7,2% pour les appartements et de 10,5% pour les maisons.

Seules quelques villes comme Rennes, Belfort, et Annecy, commencent à voir baisser le prix des appartements, ou Mulhouse pour le prix des maisons.

22.10.2008

Enfin !

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a présenté son projet de loi intitulé "Le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires". Ce projet comporte notamment un volet "Prévention et santé publique" :

- Interdiction de "toute vente de boissons alcoolisées aux mineurs" et de la pratique des "open bars" (entrée payante et boissons à volonté) 

- Interdiction des "cigarettes bonbons" qui "favorisent la dépendance à la nicotine"

20.10.2008

«On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas : "Souris au monde et le monde te sourira.»

2008-10-20 20:24:47

CALLIAN (AFP)

Biographie, engagements et bibliographie sur WIKIPEDIA

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Soeur Emmanuelle, religieuse franco-belge ayant dédié sa vie aux plus pauvres, est décédée dans la nuit de dimanche à lundi moins d'un mois avant de devenir centenaire.

Soeur Emmanuelle, de son vrai nom Madeleine Cinquin, s'est éteinte "dans son sommeil" dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 99 ans dans la maison de retraite de Callian (Var) où elle vivait depuis 1993, a précisé à l'AFP une responsable de son association, Asmae.

"Fatiguée", mais ne souffrant "d'aucune maladie particulière" selon la même source, Soeur Emmanuelle, connue pour son franc-parler, sa silhouette humble et son visage malicieux qui hantaient les plateaux de télévision et les bureaux des puissants, allait célébrer son centième anniversaire le 16 novembre."Sa disparition laisse un vide immense dans nos coeurs", assure Asmae, "mais la force de son message continuera de nous aider à être fidèle à sa devise: +Vivre c'est agir, Yalla!+".

Ses obsèques auront lieu mercredi dans "la plus stricte intimité" à Callian tandis qu'une messe de requiem sera célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris également le 22 octobre à 15H00.

«Partout et toujours, cherche sans te lasser le remède qui soulage, sème l'espoir : ça vivifie et ton amour peut faire des miracles.»

19.10.2008

Women's power

Les femmes les plus en vue... économiquement, médiatiquement ou encore sportivement se sont de nouveau données rendez-vous à Deauville. Elargissement des réseaux d'influences en perspective en campagne normande...

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A lire sur le site Actualités en Normandie :

Du 11 au 13 octobre, pour la 3ème année consécutive, le C.I.D de Deauville accueille les femmes les plus influentes du monde.

Ces grandes dames aux noms très connus que sont entre autre Christine Ockrent (France Télévision), Laurence Parisot (MEDEF), Elisabeth Guigou (Assemblée Nationale) Anne-Marie IDRAC (SNCF), Anne Lauvergeon (AREVA), ou encore Maud Fontenoy (navigatrice), se retrouveront toutes dans la cité balnéaire normande pour débattre de sujets d’économie et de société, en présence de certains hommes de renom. Pour ne citer que l’un d’entre eux, Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères sera parmi ces belles venues partager leurs idées et idéaux en Normandie.

D’année en année, depuis 3 ans, ces dames aiment venir à Deauville pour échanger sur divers sujets économiques et de société, mais aussi profiter pendant les temps de pause de la cité balnéaire normande. Cette dernière leur offrant différents avantages, qui expliquent notamment le choix des organisateurs du Women’s Forum. Pour cet événement d’envergure international, Deauville a été préférée aux villes de Barcelone, de Monaco et de Lisbonne, et ce jusqu’en 2012…

Plusieurs raisons expliquent le choix de Deauville :

  • Une parfaite adéquation d’image et d’esprit démontrée par les deux premières éditions qui ont connu un succès international
  • Une volonté de maintenir en France un forum d’influence accueillant plus de 60 nationalités différentes
  • Une situation géographique et une capacité hôtelière en phase avec le niveau d’exigence, en temps et en qualité, des participants
  • Une implication appréciée de la ville, de la région, du CID de Deauville et du Groupe Barrière dans l’organisation technique et budgétaire du Forum

« Le Women’s Forum for the Economy and Society vise à promouvoir la vision des femmes sur les sujets économiques et de société qui sont au cœur des préoccupations de notre époque. Destiné aux hommes et aux femmes dirigeants, c’est un lieu de débat, de partage, de réflexion et d’action qui donne la parole aux femmes sur tous les grands enjeux, actuels et futurs, de nos sociétés. Depuis 2005, le Women’s Forum for the Economy and Society, fondé et présidé par Aude Zieseniss de Thuin, accueille chaque année 1.000 dirigeants et leaders d’opinion de tous secteurs – économique, politique, culturel, universitaire…– originaires de plus de 60 pays, autour de 130 orateurs de renommée mondiale et un programme riche de plus de 60 conférences, débats et ateliers ». En sommes, trois jours d’échanges, où la femme est au centre des préoccupations mondiales, avec une vision souvent différentes de leurs homologues masculins. Car, être une femme est désormais reconnu comme étant une force dans l’action. Une force que nul ne peut aujourd’hui ignorer dans les prises de décision majeures de notre époque. Selon le Financial Times du 23 January 2007, le Women’s Forum est l’un des cinq plus importants forums au Monde traitants des sujets majeurs que sont la société et l’économie.

contact : www.womens-forum.com www.congres-deauville.com

17.10.2008

Europe Ecologie : le Manifeste de Daniel Cohn Bendit

Il semblerait que ce texte soit signé Daniel Cohn Bendit, potentiellement candidat aux prochaines européennes, ardent défenseur du choix de Bruxelles en tant que siège du parlement européen...

 

Europe Ecologie : le Manifeste 

Changer d’ère 

L’histoire est en suspens car la déraison s'est emparée du monde. 

Comme en témoignent brutalement les dérèglements des mécanismes financiers, la croissance de la famine, l’aggravation des inégalités ou l'emballement du bouleversement climatique, l'humanité s’est mise en situation de perdre la maîtrise de son destin. Nous sommes parvenus à ce moment-clé où tout peut basculer, jusqu’à l’irréversible, ou, au contraire, favoriser un sursaut pour construire une nouvelle donne dont l’Europe devienne le creuset.

Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit la mondialisation du tout marché et de la prédation aveugle se prolonge, et l’on verra la conjonction des crises - écologique, énergétique, alimentaire, financière, économique, sociale, identitaire - précipiter la planète dans une régression sans précédent ; soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l’excès, des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance. 

Il est urgent de se rassembler pour y concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument !

Ne rien faire ouvrirait la porte à des politiques autoritaires pour gérer les pénuries ou les conséquences des migrations d'origine climatique. Agir, c'est éviter la barbarie pour choisir la civilisation.

Nous n’avons plus le temps. Tous les indicateurs sont au rouge. Notre modèle de développement est pulvérisé par les faits ! Aveuglé par l’idéologie de la croissance sans limites, dopé par le laisser-faire du libéralisme, le système productiviste fonce tout droit vers la catastrophe, tel un bateau ivre. Partout l’insécurité sociale grandit. Le progrès perd son sens au profit d’une montée de l’insignifiance et d‘une destruction du vivant. L’humanité avance vers son désert. 

D’autres orientations économiques et sociales s’imposent. D’autres choix de société sont indispensables. Une autre politique est possible: celle de la responsabilité. Le devoir d’équité universelle, l’attachement au vivant sous toutes ses formes, la nécessité de réduire l’empreinte écologique sur les ressources et les équilibres naturels commandent de changer d’ère. Il faut entrer sans plus tarder dans un nouveau monde, celui d’une profonde mutation écologique et sociale de civilisation. Celle-ci s’appuiera sur les valeurs de sobriété, de mesure et de modération, de partage, de solidarité et de démocratie, a contrario des aliénations marchandes et des violences économiques qui contaminent les écosystèmes, destructurent les sociétés, écrasent les diversités culturelles et broient les individus dans la compétition du toujours plus et les frustrations permanentes.

Une alternative au désenchantement du monde a pour objectif de rendre désirable un changement basé sur l’épanouissement personnel et le mieux être collectif. Pour ce faire, il s'agit de mettre en œuvre une régulation des activités tournées cette fois vers l’humain et la réconciliation avec la nature.

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D’abord, il faut rompre ! Rompre avec cette logique autodestructrice. Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique d’un système condamné ; rompre avec les illusions qui tentent seulement d’en corriger les débordements et qui s’épuisent à réguler l’irréversible ; rompre avec le fatalisme qui conduit à s’accommoder d’une situation douloureuse pour la majorité des hommes et des femmes de la planète et pour l’avenir de nos enfants. Nous ne sortirons pas de l’impasse par des faux semblant, en ânonnant des adaptations à la logique dominante ou à coups de timides ajustements sectoriels. 

Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système économique et social comme au coeur de nos pratiques individuelles ; c’est modifier l’architecture de la mondialisation aussi bien que transformer l’imaginaire de chacun. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler en même temps à une insurrection des consciences, voilà les deux défis à relever pour éviter une désagrégation tout azimut et, au final, la défaite de l’homme. 

L’urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que la trajectoire humaine s’engage sur une autre voie. Autre projet de société, autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et pacifique de nos manières d’être et de vivre, ensemble et individuellement. 

Ni surenchère utopique, ni ivresse révolutionnariste, l’objectif que nous devons poursuivre consiste à ouvrir les pistes d’un horizon émancipateur, redonnant sens au progrès et consistance à l’espoir. Nous n’affichons ni lendemains qui chantent ni programmes miracles. Nous affirmons seulement un autre choix : celui d’une nouvelle régulation, fondée sur l’impératif écologique et social, dont la déclinaison devra être établie démocratiquement dans chaque domaine impliquant la communauté humaine. Notre démarche consiste à opposer pied à pied des alternatives aux logiques destructrices et spéculatives, à trier entre ce qui est possible et ce qui ne l’est plus, à rassembler les énergies pour que la société s’engage dans une transition vers un monde qui, à défaut d’être parfait, restera viable pour tous et se montrera plus juste au plus grand nombre. 

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L’enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quelques soient leurs référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d’une progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants. 

Par conséquent, le verrou que les forces politiques dominantes imposent à la société doit être débloqué. La plupart des politiques ne sont pas en phase avec le temps de la rareté qui s’annonce. Ils sont les produits d’une époque révolue au cours de laquelle, de la Révolution industrielle aux Trente Glorieuses, la croyance folle en l’abondance inépuisable s’installa. Elle consacra la domination de l’avoir sur l’être et de l‘économique sur le politique.

La matrice commune des partis politiques, forgée au culte de la croissance infinie et à tout prix, imprégnée de dévotion scientiste et de bigoterie technologique, les rend sourds aux interpellations de la modernité. C’est pourquoi ils ont obtinément nié les alertes lancées depuis trente ans par les écologistes.Vivre avec son siècle consiste aujourd’hui à prendre conscience que l’âge du gaspillage et de l’inconséquence est terminé, que l’autorégulation du marché est un mirage, que la réalité est désormais surdéterminée par la crise écologique et l’approfondissement des inégalités sociales. 

Parce qu’ils entendent continuer de conduire l’avenir avec leurs promesses obsolètes et leurs réflexes sclérosés, ce sont ces partis hors d’âge qu’il faut maintenant contester, électoralement et démocratiquement. 

Nous ne nous résoudrons jamais au futur que le fondamentalisme marchand et l’aveuglement des inconditionnels de la démesure dessine : un apartheid mondial dans la répartition des ressources et la destruction de la nature.

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C’est pourquoi il s’agit de développer un nouvel espace politique au sein duquel ceux et celles qui se rassemblent dans leur diversité traceront la perspective d’un nouveau projet de société. Celui-ci n’est pas hors d’atteinte. Il repose sur l’aspiration grandissante des populations à vivre autrement que dans l’accumulation, le factice ou les dettes et sur la montée de l’exigence citoyenne pour une répartition équitable des richesses et un juste échange entre les peuples. 

Ce modèle alternatif n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en particulier l’opposition radicale au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et à toute forme d‘ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à partir des besoins de bientôt sept milliards d’individus, de l’intérêt collectif des peuples de la terre, de la protection des biens communs et de l’extension des services publics, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités vers une réduction de l’empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les limites de la biosphère.

A nouveau projet de société, nouvelle régulation économique et sociale. Il s’agit de penser l’organisation de la société selon le principe de durabilité, intégrant à la fois l’impératif écologique et celui de la justice sociale : durabilité des ressources et des équilibres naturels, durabilité, dans leur diversité culturelle, des systèmes économiques de demain, des contrats sociaux et des modes de vie. Autrement dit, il s'agit d'engager des réformes incompatibles avec l’hégémonie productiviste et consumériste qui précipite les dégâts écologiques et sociaux à coups de dérégulation, de financiarisation, de marchandisation et d’uniformisation.

Nous en connaissons les principaux instruments qui feront l'objet de la plateforme électorale des listes Europe Ecologie : décroissance des flux de matière et d’énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants, nouvelle donne économique basée sur la proximité des échanges, les énergies renouvelables et la fonctionnalité qui privilégie l'usage des biens à leur achat, nouveaux indicateurs de richesse, encadrement du marché selon des critères écologiques et sociaux, contrôle des mécanismes financiers, renforcement de l'économie sociale et solidaire et des services publics (services d’intérêts généraux selon la terminologie européenne) dans les secteurs clés de la vie collective (énergie, transports, santé, logement, éducation, télécommunications, solidarité sociale), mise en place d’une fiscalité intégrant le juste prix écologique et réorientant les comportements et les investissements, sanctuarisation des biens communs de l'humanité (l’eau, l’air, les fleuves, les océans, les ressources halieutiques, les forêts, les zones humides et les sols), protection de toutes les espèces du vivant, encouragement au travail paysan et aux agricultures respectueuses des terroirs, de l’environnement et de la santé,  refus de la brevetabilité du vivant et des risques de contamination par les OGM ou les pesticides, modification d’un aménagement du territoire axé sur l’artificialisation, l'étalement urbain et la sectorisation, réorientation de la mobilité des hommes et des marchandises vers les moyens de transports doux, le rail et les voies d’eau, mobilisation de la recherche scientifique pour favoriser les applications technologiques à la mutation écologique, coopération et co-élaboration avec les pays du Sud, droit à la souveraineté alimentaire, développement des relations internationales sur la base de la conciliation entre les peuples et de l’apaisement des conflits, défense des droits fondamentaux de la personne (droit d'asile, droit de vote aux résidants issus de l'immigration...) et des libertés individuelles, extension de la démocratie par les voies participatives, renforcement des pouvoirs de la justice vis-à-vis des paradis fiscaux et des pratiques mafieuses, respect des territoires et des identités culturelles dans le cadre d'une Europe fédérale, réduction du temps de travail parallèlement aux gains de productivité... 

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Un nouvel espace politique porteur d’une nouvelle politique de régulation ne peut se concevoir d’emblée qu’à l’échelon européen puisque l’Europe est notre famille, et sans frontières puisque le monde est notre village.

L’Europe doit d’abord agir sur elle-même. Elle a puisé dans ses ressources naturelles et mis à sac celles de ses anciennes colonies pour construire sa puissance. Aujourd’hui encore, elle prélève plus de ressources qu’elle n’en dispose. Son empreinte écologique, comme celle de l’ensemble des pays industrialisés, excède la capacité biologique de la planète. En moyenne, chaque habitant de l’Union européenne utilise au moins deux fois plus de surface productive que la biocapacité réelle disponible. La réduction de cet impact destructeur constitue une priorité incontournable. 

De la même façon, l’Europe doit payer sa dette. Son développement économique, comme celui des autres pays industrialisés, s’est effectué au prix d’un renforcement de l’effet de serre global et d’un prélèvement massif de ressources mondiales. Elle est ainsi devenue un débiteur écologique majeur vis-à-vis du reste du monde. Cette dette engage l’Union européenne dans son rapport aux pays du Sud. Ceux-ci doivent pouvoir compter sur elle.

L’Union européenne, malgré les aléas de sa construction et des pratiques trop souvent technocratiques, a bâti un espace de paix et de coopération entre les vingt-sept Etats et les quatre-vingt-trois peuples qui la composent. Elle a su s’interposer comme une force de conciliation dans les conflits. C’est un formidable acquis, une histoire positive, à rebours des visions archaïques ou souverainistes qui imprègnent encore ce continent qui était celui des guerres. Des cultures différentes démontrent qu’elles peuvent vivre ensemble et s’enrichir mutuellement dans un monde déchiré par la violence multipolaire et les replis nationalistes et communautaristes.

C’est aussi grâce à l’Europe que des questions vitales ont pu échapper au carcan des intérêts et des égoïsmes nationaux et trouver des débuts de réponse allant dans le sens de l‘intérêt général. L’Europe a su par exemple se placer à l’avant-garde dans la lutte contre le réchauffement climatique et les objectifs du paquet énergie-climat sont les nôtres, l’Europe a su mettre en oeuvre une protection efficace des espaces naturels sur son territoire, l’Europe a eu le courage d’imposer le début d'une réglementation contraignante à l’industrie chimique… 

Plus que jamais, nous avons besoin d’Europe : parce que c’est au niveau européen que se prennent aujourd’hui une grande partie des décisions publiques, touchant à tous les aspects de la vie des citoyens, parce qu’elle constitue notre meilleur socle pour répondre aux enjeux de l’époque et lancer des politiques transnationales ambitieuses, parce qu’elle pourrait être le meilleur défenseur des droits sociaux et de l’environnement et opposer un modèle de société alternatif à celui de la mondialisation libérale, parce que nous sommes convaincus que les Etats-nations n’offrent qu’une réponse de plus en plus partielle et inadaptée aux risques globaux auxquels nos sociétés sont confrontées.

Mais l'Union européenne n'apparaît plus comme une entité capable de réguler les équilibres mondiaux selon des critères de justice sociale et d’environnement. Ses dérives libérales tendent à l’assimiler à un simple épiphénomène d’une globalisation chaotique, voire même à un accélérateur de celle-ci.

D’autant plus que les peuples boudent l’Europe parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans ses institutions sans visage. Comment s’en étonner, dès lors qu’on leur parle surtout de compétitivité et de concurrence, comme si le marché pouvait à lui seul tenir lieu d’horizon ? L’Europe est plus présente dans leur vie pratique que dans leurs cœurs. Ils attendent légitimement un projet qui les fédère et leur ouvre l‘horizon

Le moment est venu pour que les Européens s’emparent et s’identifient à la perspective politique d’une Europe solidaire et durable. En installant la mutation écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des peuples européens, l’Europe deviendrait le moteur d’un nouveau foyer de civilisation.

Soyons lucides mais n’ayons pas peur. La crise globale qui menace la civilisation humaine peut être surmontée. Sauf à consentir honteusement au désastre, l’humanité se trouve dans l’obligation de réagir et de changer de cap. Elle en a les moyens. Il lui manque l’objectif. L’intensité de la crise offre paradoxalement une opportunité historique de jeter les bases d’un nouveau monde en puisant dans les meilleures valeurs du patrimoine humain, de mobiliser les intelligences et les énergies pour encourager leur créativité, de rénover la démocratie et de réhabiliter la politique. 

Avec l’Europe écologique et sociale, nous avons l’occasion de reprendre en main notre destin pour vivre mieux. A nous tous de la saisir !

16.10.2008

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